Problemos
Réalisateur : Eric Judor
Scénaristes : Noé Debré, Blanche Gardin
Casting : Eric Judor, Blanche Gardin, Michel Nabokov, Youssef Hadji, Dorothée Pousséo
Je suis allée voir ce film sans rien en savoir, à part avoir vu une bande-annonce minimaliste lors d'une soirée réservée aux abonnés Gaumont Le Pass. Juste avant le film, je lis le résumé et je vois que c'est défini comme un survival dans une ZAD. Et là je doute parce que ça peut être franchement raté comme génial. Avec un pitch comme ça, il ne faut pas se louper parce que ça peut vite tomber dans la caricature. Mais étant fan de l'humour d'Eric et Ramzy (La tour 2 contrôle infernale et Hibou ont été parmi mes coups de coeur de 2016) je me dis que ça va être réussi. Et j'ai eu raison.
J'ai adoré ce film !!!!!! (oui j'ai aimé au point de mettre cinq points d'exclamation à la fin de ma phrase). La première partie est un peu longue. C'est l'adaptation de Victor, parisien de base, à la vie de la ZAD, autant dire que ça n'est pas évident. Surtout que Gaya (personnellement je l'aurais plutôt écrit Gaïa, comme la Terre, vu le personnage ça autrait été raccord mais bon c'est juste mon opinion), une féministe-gauchiste-altermondialiste ultra militante ne lui rends pas la vie des plus facile. Mais c'est plein d'humour. On découvre tout les personnages qui prendront de l'ampleur dans la deuxième partie. Et ils sont tous plus caricaturaux les uns que les autres. Il y a Philipinne, l'ancienne catho bien pensante qui est devenue altermondialiste après un séjour en Afrique pour construire des écoles, il y a Eddy, le punk à chien, Simon, l'ancien agent immobilier qui a fait un burn-out, et surtout Jean-Paul, le prof de yoga chef de cette communauté. Tout le monde vit en parfaite harmonie.
Jusqu'à ce qu'un matin ils découvrent que le monde en dehors de la ZAD a succombé à une pandémie. D'ailleurs la manière dont ils le découvre est absolument génial. Mais je n'en dirais pas plus afin de ne pas gâcher ce bon moment de rigolade. Et à partir de là, les façades tombent. Ceux qui se disent les plus tolérants finissent par se rejeter les uns les autres à cause de leur passé, ou de leur possible infection par la pandémie. D'ailleurs on ne sait pas trop ce qui a tué tout le monde extérieur. Et en fait on s'en fiche. Comme dans toute bonne science-fiction, le plus important ce qui a détruit le monde mais comment les survivants s'organisent et franchement là c'est le bordel total. Il n'y a pas un personnage pour racheter l'autre. Il y a les gens qui vont rétablir une économie, et évidemment en profiter pour s'enrichir. Il y a les luttes de pouvoir. Mais surtout on retourne à une lutte des classes, celle contre laquelle ils luttaient avant la pandémie. Le bobo parisien n'est pas pire que le zadiste de base.
Et c'est ce que j'ai aimé dans ce film. Parce que certes on rigole beaucoup, mais il y a une vraie réflexion sur la société, la contestation, et le vivre-ensemble. Alors oui on en ressort avec un sentiment mitigé, parce qu'à la fois on a beaucoup ri mais on a vu un portrait peu flatteur de notre société actuelle, mais ce film fait réfléchir pendant un bon moment. Et puis franchement de la SF post-apo humoristique française, et en plus de qualité, ça ne cours pas les rues.



Commentaires
Enregistrer un commentaire