Fleabag Saison 1 ou le portait d'une femme perdue

 

Entre Netflix, Amazon Prime, Disney + et autres plateformes de téléchargement il existe des quantités astronomiques de séries à regarder. En trouver une bonne est une autre affaire. 
Et aujourd'hui je vais vous parler de l'excellente série anglaise Fleabag. La saison 2 est plus connue, de par la présence d'Andrew Scott et la reprise de nombreux extraits sur les réseaux sociaux. Mais il faut bien commencer par le début et donc c'est parti pour la saison 1 de Fleabag.



Rire, sexe et anti-dépresseurs

Fleabag c'est avant tout Phoebe Waller-Bridge. Avant d'être la série culte culte que l'on connaît, Fleabag a été un seul en scène interprété par l'actrice principale et scénariste. 
Dans cette première saison on découvre Fleabag, une trentenaire paumée qui n'arrive pas à faire le deuil de sa meilleure amie et essaie de gérer son salon de thé et les méandres de sa famille. Autant dire que même s'il y a de nombreux traits d'humour dans la série il vaut mieux éviter de la regarder lorsque l'on n'a pas le moral. Parce que Fleabag c'est le rire pour éviter les larmes. Le rire et le sexe frénétique. Pour remplir le trou à la place de son cœur, Fleabag couche avec tout ce qui bouge. Le sexe est un mécanisme de défense chez elle. 
A l'inverse des héroïnes de Sex And The City ou Girls, Fleabag est consciente de son usage pathologique de la sexualité. Et loin de l'assumer, dans l'intervalle entre la saison 1 et 2 elle arrêtera même toute relation sexuelle, le personnage n'y voit qu'une échappatoire à l'ennui de sa vie et à ses névroses. Elle sait également que cette sexualité débridée est la cause principale de ses soucis. Mais cela n'est pas montrer comme négatif. C'est juste un état de fait.


Misery loves company

Même si Fleabag repose majoritairement sur le personnage principal c'est une série chorale. L'héroïne est entourée d'une famille toute aussi déglinguée qu'elle. 
Sous des apparences de respectabilité sa sœur Claire est tout aussi malheureuse. Elle est aussi psycho-rigide et cramponnée à son image que sa soeur est débridée et je m'en-foutiste. Elles sont toujours incapable de faire le deuil de leur mère. La cellule familiale se retrouve régulièrement pour des évènements en mémoire de la défunte, et en présence de la nouvelle compagne de leur père. 
Belle-mère à laquelle elles vouent une haine incommensurable (magnifiquement interprétée par une Olivia Colman qu'on adore détester). Celle si, bien qu'artiste très ouverte à la sexualité, ne supporte pas la liberté de sa belle-fille. Le mari de Claire est un alcoolique profondément mauvais, qui la brime dans ses ambitions de carrière. Et le père de cette famille bancale est un patriarche incapable d'exprimer la moindre émotion envers ses filles.



En six épisodes Fleabag dresse le portrait de gens détruits par la vie, leurs émotions et leur façon de les gérer. Mais elle le fait toujours avec le trait d'humour qui nous fait oublier que l'on est censés pleurer de la situation. Et j'attends avec impatience de découvrir la saison 2, qui à l'air toute aussi névrosée, mais dans un genre très différent.


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