La société protectrice des Kaijus, John Scalzi
Moi et la SF ça fait deux en général. Quand j'ouvre un livre je ne veux pas me prendre la tête sur des concepts que je ne comprends absolument pas. Sauf que les kaijus ben je connais. C'est les grosses bêtes japonaises qui écrasent Tokyo avec leurs grosses pattes. Ok c'est vite résumé mais tout ça pour dire qu'en ouvrant ce livre je n'allais pas être perdue dans l'espace ou bien dans le continuum espace-temps. Je suis en terrain connu. Je suis devant Pacific Rim, Godzilla et autres films de kaijus que non seulement je connais, mais que j'aime.
Alors je me suis laissée tenter. L'auteur est reconnu. L'éditeur aussi. Alors partez avec moi à la découverte des kaijus. En 2020 Jamie est licencié et se retrouve livreur pour bönbüf, une sorte d'ersatz d'Uber Eats. Lors d'une de ses courses il tombe sur un ancien ami de fac qui va lui proposer un job mystérieux. Il ne sait pas où il sera basé, ni même ce qu'il fera exactement à part qu'il sera l'homme à tout faire pour des gens qui s'occupent de gros animaux. Mais ça paye bien et franchement le Covid ça craint alors let's go. Les gros animaux en question ce sont des kaijus . Et Jamie est envoyé sur une Terre parallèle où les kaijus existent pour de vrai, pas que dans la pop culture. Et les références à la pop culture il y en a des tonnes dans ce livre. Entre les citations de Jurassic Park, Doom et les kaijus principaux qui s'appellent Edward et Bella, on est servis niveaux clins d'oeil geek.
Pendant environ 2/3 du livre on suit Jamie dans sa découverte de cet univers. Et pendant cette partie on est comme Alan Grant quand il découvre les dinosaures de Jurassic Park. Parce qu'on va être honnête les kaijus c'est classe. Comment ne pas être émerveillé par ces bestioles gigantesques qui ont leur propre réacteur nucléaire pour pouvoir vivre ? On découvre tout l'écosystème de cette planète. Et même si on ne comprends pas tout, c'est normal, parce que Jamie lui même ne comprends pas tout. Et on se laisse juste emporter dans ce monde merveilleux.Jusqu'à l'arrivée de l'antagoniste.
Parce qu'évidemment le roman ne pouvait pas se limiter à la découverte du monde des kaijus. Il fallait des rebondissements et un gros méchant vilain. Dès qu'il apparaît on sait que ça va être lui qui va faire des crasses. Parce que ce roman n'est pas subtil. On connaît la recette par cœur. Mais c'est une bonne recette et bien exécutée. Alors au final on est content de ce qu'on vient d'engloutir. Parce que j'ai lu ce livre en moins d'une semaine (entre deux chapitres j'ai lu Légendes & Lattes). Quand l'antagoniste arrive, j'ai immédiatement penser à Denis Nedry. Il suite la perfidie et la cupidité. Pendant une seconde on se dit que c'est trop simple. Mais oui c'est aussi simple que ça. Et c'est fort agréable.
Dernier point que j'ai apprécié c'est que même si l'histoire se passe sur une Terre parallèle, il y a des référence constantes à l'actualité de 2020. Parce que ce roman a été écrit après le confinement et les premières vagues de Covid, avant les dernières élections présidentielles américaines. Et le héros en parle. Il explique qu'il a voté, mais qu'en étant dans ce monde il s'en fiche un peu des résultats. Le méchant se sert du fait que Trump soit président pour menacer Jamie. Et même si ce sont des détails cela nous aide à nous rappeler que le vrai monde réel existe et que ce roman s'inscrit dans la réalité. Oui il y a des kaijus, mais il y a aussi le Covid et Trump et la crise économique, ... Et les kaijus ne sont pas les plus grandes menaces sur notre monde, loin de là.
Alors ça n'est pas un roman qui va révolutionner la SF, l'auteur le dit lui même d'ailleurs, mais on passe un excellent moment et c'est l'essentiel.



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